lundi 2 avril 2012

Rennes - Lyon

Quelle soirée mes amis !! J'avais passé la grande partie du week-end sur la lancée de la semaine, à cracher des trucs verts et à user des mouchoirs par palettes entières, essayant de nouvelles combinaisons chimiques et médicamenteuses et ne trouvant dans la drogue légale aucun réconfort à ce calvaire quand il fut l'heure de passer aux choses sérieuses. Je n'étais naturellement pas à Rennes, ayant perdu la foi depuis trop longtemps dans ce genre de voyages au bout de rien, dont on rentre invariablement marqué des stigmates du temps qu'infligent conjointement les nuits trop courtes et le passage tassé de la trentaine. Occupé au four (réchauffage de petits fours d'une grande marque de surgelés de qualité) et au moulin à paroles (fiancée et une copine passant en revue les extases de leur âge), je n'ai malheureusement pas eu la chance de voir les buts des anciens Lyonnais à GG (défaite de l'ASSE 2-3 - Mounier x2 + Clerc), la défaite de Paris et ai donc commencé à suivre la "prise d'antenne" en direct du stade de la route de Lorient avec la frustration passante du supporter que l'on venait de priver de la joie de se repaître du malheur de ses rivaux. La soirée commença donc classique et logique : Kallstrom à gauche, Gonalons dans l'axe et Grenier payant ses mauvaises performances de Paris Sainté et Sochaux en laissant sa place à notre ami Fofana, joueur modeste et pas cher. Bastos s'installait à droite (fausse bonne idée © Puel), Lisandro et Gomis menaient l'attaque.

En fait d'attaque, l'OL commença le match comme l'an passé en ce même lieu, en prenant l'eau de toutes parts et l'état d'urgence dura globalement toute la première mi-temps. 1-0 : pas cher payé, un OL en forme Olympique tendance Chypriote, mais comme l'an dernier, ces losers de Rennais n'avaient pas pris le soin de finir à coup de crampons de 12 la bêêêête blessée. Et la Bêêêête blessée revint des vestiaires prête à... se laisser finir tranquillement, hormis un Lloris miraculeux sur un arrêt du pied à contre pied repris par Tettey qui vendangea ce que les grands-mères respectives de chaque spectateur n'aurait jamais eu le mauvais goût de rater. Le pensait-on du moins.

Fofana avait entre-temps gagné une douche dès la mi-temps en contrepartie de sa place sur le terrain à Briand. Kallstrom dans l'axe, Bastos à gauche et Jimmy-gol à droite redonnaient une tournure plus classique à l'équipe qui ne s'en porta finalement pas plus mal. Canal nous signala que le nouvel entrant apportait de la "profondeur" dans le jeu (et pourquoi pas carrément de la profondeur dans la philosophie de jeu même ?!) et les choses commencèrent à aller mieux. Les esprits chagrins avanceront l'argument de la fatigue rennaise pour justifier le renouveau lyonnais et se plaindront d'un penalty non sifflé sur Jimmy-Floyd Briand parti. A mon humble avis (un blog étant destiné à faire du nombrilisme sous couvert de sujets plus ou moins convaincants), le gardien tente d'éviter la faute, ce qui ne l'absout pas pour autant d'un coup de pied de réparation. Toujours prompt à dénoncer l'injustice la plus atroce, notre président lui-même se dressa sur son siège, prenant l'hostile tribune bretonne à témoin de ce qui venait de se produire sous leurs yeux effarés, pendant que Madame (?) roulait elle, des yeux consternés, comme si Monsieur venait d'en sortir une bien lourde au beau milieu d'un banquet pour l'enterrement d'enfant. On sentait vaguement que ça pouvait venir, non que l'OL fut bien attrayant, mais plutôt au vu des pelletés d'occasions vendangées auparavant par les Rennais menés un coach au registre castrat quand lui vient l'indignation et qui poussa l'ironie (??) ) parler du danger technique présenté par l'OL en première période. On penche pour une force de dissuasion ou une cataracte précoce. Lisandro finit donc par profiter d'une sienne maladresse supplémentaire pour tromper Costil suite à un ballon renvoyé par le poteau et lui revenant par miracle dans les pieds. Ahhh l'OL, une grande équipe, avec la réussite d'une grande équipe : merveilleuse conclusion (attention, de l'ironie se cache dans cette phrase). Rennes s'empara à nouveau du ballon, n'en fit rien de rare et laissa filer l'opportunité de revenir à 2 points des Lyonnais qui semblaient pourtant ne pas tant en demander.

Rideau ? non... la soirée ne faisait que commencer, car Canal ne vous laisse pas partir au lit sur la débandaison d'un match quelconque, puant la confrontation franco-française à des lieues à la ronde. Le JMA fut traqué et on s'empressa de lui glisser une oreillette et un micro pour la plus grande joie de tous, alors que Pierre Ménès tentait difficilement de planquer son goitre sous un poisson d'avril et de papier. Evidemment la réalisation s'empressa de faire partager le bon canular au moyen d'un écran divisé en trois parties ce qui n'eut pas l'heur de plaire au président redresseur de torts, venu expliquer le scandale de la situation et libérer sa "colère froide" (je reprends ses termes). Bref, JMA et Ménès ont amusé la galerie pendant quelques minutes, passant ainsi sous silence l'ahurissante première mi-temps de l'OL. Ahhh les fines tactiques du bon président Aulas, toujours prompt à allumer un incendie en guise de pare-feu quand son équipe se consume. Monsieur Ménès dans le rôle du bon con, fonçant tête baissée dans le panneau, fut parfait.

Ces gens de Canal, tout de même, quel professionnalisme ! On se désole de les voir perdre une partie de leur "offre foot" l'année prochaine. L'OL dans tout ça ? Calendrier favorable pour finir certes, mais si Lille maintient le cap (et augmente l'écart à la faveur de notre match en semaine à Toulouse ?) et que nous embarquons la coupe de la ligue + finale de la coupe de France, il y a fort à parier que la fin de saison connaisse quelques trous d'air face à des survivants affamés (ACA, Nice, VA, Brest, au choix...)

Pour mémoire : Rennes - Lyon : 1-1 (Erding - Lisandro)

Image : Un téléspectateur devant Canal ? une illustration moderne du Mythe de la Caverne dans la Grèce dévastée ? Une escale sur la place Syntagma au retour de Chypre ? Your choice...

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